🇺🇦🔥 Ukraine : des pourparlers sans l’agresseur… qu’est-ce que ça vaut vraiment ?


Éditorial JP&GP – Volet « Guerre en Ukraine »

Dans les discours officiels, tout semble presque encourageant :

on parle de « progrès immenses », de « dĂ©tails sensibles mais pas insurmontables »,
et certains dirigeants europĂ©ens Ă©voquent mĂŞme « une chance rĂ©elle » d’avancer vers une paix durable.

Mais cette narration diplomatique vole en Ă©clats dès qu’on regarde par la fenĂŞtre de Kyiv :
les immeubles brûlent, les sirènes hurlent, les familles se terrent sous terre,
et les réseaux électriques tombent sous les vagues de missiles russes.

Alors surgit la question que peu osent poser :
que vaut une paix nĂ©gociĂ©e quand l’agresseur bombarde au mĂŞme moment et quand le plus fort, celui qui pourrait arrĂŞter la guerre, ne semble pas vraiment le vouloir ?

Car il existe une vérité que les chancelleries contournent :
dans cette guerre, le plus fort n’est pas du cĂ´tĂ© de la justice, mais du cĂ´tĂ© du calcul impĂ©rial.
Et c’est lĂ  que tout bascule.

La paix discutĂ©e pendant que la guerre s’intensifie

La scène diplomatique est presque surréaliste :

  • Les États-Unis rĂ©unissent l’Ukraine et la Russie autour d’un cessez-le-feu.

  • Macron insiste sur des garanties « robustes », mais sans en dĂ©finir le contenu.

  • Des rencontres « secrètes » se tiennent Ă  Abou Dabi.

Pendant ce temps :

  • 486 drones et missiles russes frappent l’Ukraine en une nuit.

  • L’Ukraine rĂ©plique avec près de 250 drones.

  • La Russie avance encore, lentement mais sĂ»rement, sur le terrain.

  • Zelensky doit rĂ©pondre dans l’urgence au « plan Trump », dĂ©jĂ  perçu comme une capitulation camouflĂ©e.

On se retrouve face Ă  un paradoxe grotesque :
on nĂ©gocie la paix au sommet, tandis qu’on intensifie la guerre au sol.

 La paix nĂ©gociĂ©e… mais par les empires, pas par les peuples

Voici le point aveugle que presque personne n’ose nommer :
ce ne sont pas l’Ukraine et la Russie qui nĂ©gocient la paix — ce sont les États-Unis et la Russie.

L’Ukraine est Ă  la table… mais pas vraiment aux commandes.
L’Europe parle fort… mais n’a plus de levier.
La Russie bombarde… tout en participant Ă  sa guise.

Et alors surgit la question centrale, que les Ă©ditorialistes traditionnels n’osent toucher qu’avec des pincettes :

 *Les États-Unis cherchent-ils vraiment la victoire de l’Ukraine ?

Ou cherchent-ils plutĂ´t un arrangement acceptable entre empires ?*

Ce qui nous mène à la phrase qui résume le malaise moral :

« Dans une guerre, c’est presque toujours le plus fort qui gagne.
Mais quand le plus fort se trouve du cĂ´tĂ© de l’agresseur, ce n’est plus une victoire : c’est une dĂ©faite pour le monde entier. »

Les États-Unis ne favorisent pas la Russie par sympathie.
Ils la favorisent par intĂ©rĂŞt impĂ©rial, parce qu’ils partagent avec elle une vision cynique et glaciale du monde :

  • zones d’influence,

  • Ă©quilibre des superpuissances,

  • frontières nĂ©gociables,

  • petites nations sacrifiables.

Ce réalisme impérial traverse Washington comme Moscou.
Et dans ce jeu, l’Ukraine devient moins un sujet qu’un territoire Ă  stabiliser.

3. Les questions que les autres n’osent pas poser

Question 1 — Peut-on rĂ©ellement nĂ©gocier la paix sous les bombes ?

Une nĂ©gociation rĂ©putĂ©e « constructive » alors que 486 missiles tombent dans la nuit ?
C’est une farce diplomatique.
On ne négocie pas :
on est mis devant un ultimatum déguisé.

Question 2 — Le plan Trump : paix ou capitulation politique ?

Ce plan semble viser Ă  :

  • rĂ©duire les coĂ»ts amĂ©ricains,

  • Ă©viter l'effondrement russe,

  • “geler” le conflit au profit des empires,

  • et reconduire la Russie dans ses frontières actuelles.

Kyiv ne serait pas protégée : elle serait administrée.

Question 3 — L’Europe : puissance morale ou gĂ©ant impuissant ?

Macron parle, mais Moscou ignore.
L’UE propose, mais Washington dĂ©cide.
Résultat :
👉 l’Europe discute, mais ne pèse plus.

Question 4 — Une paix sans justice peut-elle tenir ?

Sans traiter les causes profondes :

  • l’impĂ©rialisme russe,

  • les territoires annexĂ©s,

  • la sĂ©curitĂ© Ă©nergĂ©tique ukrainienne,

  • la militarisation des frontières,

… cette paix serait une fiction, un armistice en sursis.

Question 5 — Peut-on faire confiance Ă  un agresseur qui bombarde pendant qu’il nĂ©gocie ?

Réponse humaine : non.
Et pourtant, les plans actuels supposent exactement cela.

Le cœur du problème : la fatigue des peuples, pas celle des empires

Si les nĂ©gociations s’accĂ©lèrent, ce n’est pas parce que la paix s’approche.
C’est parce que les États sont fatiguĂ©s, pas les empires.

  • L’Ukraine s’Ă©puise.

  • La Russie joue l’usure.

  • L’Europe redoute l’hiver.

  • Les États-Unis veulent rĂ©gler le dossier avant la prochaine crise globale.

La paix qui se prĂ©pare n’est peut-ĂŞtre pas la paix que mĂ©rite l’Ukraine.
C’est la paix que veulent les empires.

 Conclusion JP&GP — La vraie question : paix pour qui ?

Une paix réelle,une paix humaine ne peut pas être :

  • une paix imposĂ©e par ceux qui n’habiteront jamais les ruines,

  • une paix dessinĂ©e par des empires,

  • une paix qui sacrifie un peuple pour prĂ©server un Ă©quilibre gĂ©opolitique,

  • une paix qui rĂ©compense la force et la menace.

La seule question qui importe vraiment est celle-ci :

👉 Cette paix protège-t-elle les humains qui devront vivre avec elle ?

Pour l’instant, rien ne prouve que ce soit le cas.
Et c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que se joue l’avenir non seulement de l’Ukraine…
mais de notre conception mĂŞme de la justice internationale.

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