Beaucoup de Québécois aimeraient finir l’année en riant pour vrai.
Chaque 31 décembre, le Québec répète le même rituel.
On se rassemble, on débouche une bouteille, on s’installe devant la télé… et on espère rire.
Pas sourire.
Rire pour vrai.
Alors posons la question sans détour :
Le Bye Bye 2025 vous a-t-il fait rire?
Ou avez-vous surtout souri poliment, par habitude, par bienveillance?
Cette question, toute simple, en entraîne plusieurs autres.
Est-ce nous qui avons changé… ou le Bye Bye?
C’est souvent la première réponse qu’on se donne :
« C’est peut-être moi. Je ris moins qu’avant. »
Pourtant, dans la vraie vie :
on rit encore dans les salles de spectacle
on rit encore devant certains humoristes
on rit encore devant des absurdités bien écrites
Le rire n’a pas disparu. Il est devenu plus exigeant.
Et c’est là que le décalage commence à se faire sentir.
Le Bye Bye a changé de gang
Le Bye Bye a changé de gang, de codes, de posture.
Aujourd’hui, il est porté par une équipe brillante et compétente — la gang d’Anne Dorval, d’Arnaud Soly et consorts. Une gang très consciente de son époque, très méta, très ironique, parfois moqueuse, parfois ado dans l’attitude.
Pour certains, ça fonctionne très bien.
Pour d’autres… beaucoup moins.
Parce que cet humour :
observe plus qu’il ne se mouille
ironise plus qu’il ne dérange
touche la tête plus que le ventre
On comprend la blague. On sourit. Mais on rit moins.
Sourire n’est pas rire
Soyons clairs :
le Bye Bye 2025 n’était pas mauvais.
Il était :
bien rythmé
bien joué
bien produit
bien intentionné
Mais il était aussi :
prudent
prévisible
rarement risqué
Résultat?
des sourires
quelques rires gênés
très peu d’éclats incontrôlables
Et un constat qui revient souvent :
« C’était correct… mais ça ne me fait plus rire comme avant. »
Radio-Canada : refuge ou arène?
Avec les années, le Bye Bye est devenu un exercice d’équilibriste.
Il doit rassembler.
Il doit éviter de choquer.
Il doit rassurer.
Dans un monde polarisé, Radio-Canada a choisi d’être un refuge plutôt qu’une arène.
C’est compréhensible.
Mais le rire, le vrai, a besoin de risque.
Et si le problème était plus simple qu’on le pense?
À force de tourner autour du pot, une évidence s’impose :
On a confié le rire à des gens qui n’ont pas l’obligation vitale de faire rire.
Sur scène, un humoriste n’a pas de filet :
s’il ne fait pas rire, la salle ne revient pas
s’il ne fait pas rire, les billets ne se vendent pas
C’est une école brutale.
Mais c’est la meilleure.
Or, l’humour du Bye Bye vient surtout :
de l’écriture télé
du sketch scénarisé
du web
Pas du rodage en salle.
Pas du test devant un vrai public, soir après soir.
Et ça change tout.
Beaucoup de Québécois aimeraient finir l’année en riant pour vrai
Pas en souriant poliment.
Pas en se disant « c’était correct ».
Mais en riant sans filtre, sans précaution excessive.
Et c’est là qu’une idée s’est imposée.
La solution : le BBHQ
Le Bye Bye des Humoristes Québécois
Imaginons un deuxième grand rendez-vous, le 31 décembre.
Un événement qui s’appellerait :
Le Bye Bye des Humoristes Québécois (BBHQ)
Mais attention, pas un collage de vieux numéros.
Pas un "best of" recyclé.
Pas du matériel déjà vu en tournée.
Voici la règle centrale du BBHQ :
Tout le matériel est inédit.
Présenté pour la toute première fois le 31 décembre au soir.
Comment ça fonctionnerait concrètement?
On confie à plusieurs grands humoristes de scène
chacun un mandat de création sur un mois précis de l’année
ils écrivent, testent, affinent…
sans jamais présenter ce matériel au public à la télé avant le 31 décembre.
Résultat :
des sketchs totalement inconnus du public
joués par des humoristes reconnus et drôles
avec une pression saine : faire rire pour vrai
Le public découvre tout en direct.
L’effet de surprise est total.
Le rire redevient un événement.
Deux shows. Deux missions.
Le Bye Bye traditionnel
rassembleur
institutionnel
sécuritaire
Le BBHQ
libre
mordant
risqué
vivant
Pas un remplacement.
Un complément.
Parce qu’en 2026, il faut accepter une réalité simple :
On ne rit plus tous de la même façon.
En conclusion
La question de départ demeure :
Le Bye Bye 2025 vous a-t-il fait rire?
Si oui, tant mieux.
Si la réponse est « pas tant que ça », vous n’êtes pas seuls.
Et peut-être que la solution n’est pas de corriger encore le Bye Bye…
Mais d’oser autre chose.
Parce que beaucoup de Québécois aimeraient finir l’année
en riant pour vrai.
Pas seulement en souriant poliment.