Ce texte présente un bilan de la conjoncture économique mondiale à l'aube de l'année 2026, selon trois experts interrogés par le journal Le Devoir. L'analyse souligne la fin d'une certaine forme de mondialisation ouverte au profit d'une montée du protectionnisme américain sous la présidence de Donald Trump. Pendant que la Chine renforce son influence internationale en s'adaptant aux barrières tarifaires, l'Europe et les États-Unis font face à des risques de fragilité institutionnelle et financière. Le Canada doit quant à lui naviguer dans ce climat d'incertitude en tentant de préserver ses relations commerciales tout en diversifiant ses partenariats. L'ensemble des sources brosse ainsi le portrait d'un ordre mondial en pleine mutation, marqué par des rivalités stratégiques accrue.

Voici la retranscription de l'audio. Il s'agit d'une discussion (de type balado/podcast généré par IA "Deep Dive") analysant un dossier du journal Le Devoir concernant les perspectives économiques pour 2025-2026.

Animateur : Bonjour et bienvenue à tous. On est au tout début de janvier 2025 et c'est... c'est vraiment le moment parfait pour s'arrêter un peu et regarder le grand portrait de l'économie mondiale.

Animatrice : Oui, c'est le temps des bilans et des projections.

Animateur : Exactement. Et pour nous guider, on a un dossier vraiment fascinant du journal Le Devoir. Ils ont réuni trois experts pour, justement, voir ce que 2025 nous a appris et surtout, ce qui nous attend.

Animatrice : Hmm. On parle de Yann Simon de l'Université Laval, Christian Deblock de l'UQAM et Patrick Leblond de l'Université d'Ottawa.

Animateur : C'est ça. Et ce qui est intéressant, c'est qu'ils n'ont pas tous la même lecture des événements. Ça nous donne une vision beaucoup plus complète.

Animatrice : Une vision en 3D si on veut.

Animateur : Notre mission aujourd'hui, c'est de plonger là-dedans. On va essayer de comprendre qui mène le jeu, qui perd du terrain et bien sûr, où se situe le Canada dans tout ça.

Animatrice : On parle de la fin de la mondialisation, de la montée de la Chine, des risques pour les États-Unis, l'Europe... Alors, commençons par la question qui brûle les lèvres, celle que l'article pose dès le départ : avec les politiques de Donald Trump, est-ce que c'est... est-ce qu'on assiste à la fin de la mondialisation ? C'est la grosse question. Et la réponse... ce qui est intéressant, c'est qu'elle est nuancée. Ce n'est pas un oui ou un non. Yann Simon, par exemple, il dit que non, ce n'est pas la fin de toute la mondialisation.

Animateur : OK.

Animatrice : C'est plutôt la fin d'une certaine mondialisation, celle qui était, disons, pilotée par les États-Unis depuis 75 ans. Il y a une formule assez... assez frappante je trouve.

Animateur : Ah oui ?

Animatrice : Il dit qu'en voulant se grandir, l'Amérique a plutôt accéléré sa "minorisation".

Animateur : Wow, c'est fort. Fait que l'idée c'est pas juste que les États-Unis perdent de l'influence ?

Animatrice : Non.

Animateur : C'est qu'ils se le sont infligé eux-mêmes. C'est... c'est une sorte d'auto-sabotage stratégique.

Animatrice : C'est une excellente image. Ils ont un peu scié la branche sur laquelle ils étaient assis. Et Patrick Leblond, lui, il ajoute que le retour de Trump, c'est, je cite : "le dernier clou dans le cercueil d'une tendance qui était déjà là".

Animateur : Déjà là. Comment ça ?

Animatrice : Ben, il nous rappelle que ce réflexe protectionniste, ça a commencé sous Obama. Ça s'est accentué avec Biden, surtout face à la Chine. Mais, et c'est là la nuance...

Animateur : Hmm.

Animatrice : Il dit que les chiffres là, les données sur le commerce mondial, ça ne montre pas un arrêt complet. Il parle plutôt d'une mondialisation qui commence à avoir des trous.

Animateur : Des trous. J'aime l'image. Ce n'est pas un mur qui s'effondre d'un coup.

Animatrice : Non, c'est ça. C'est plus comme un tissu qui se déchire par endroits.

Animateur : Et de nouveaux chemins secrets dans les déchirures. Ce n'est pas une fin, c'est une réorganisation.

Animatrice : Précisément. Les chaînes de valeur, elles ne disparaissent pas, tu sais. Elles se réorientent, elles contournent les obstacles. On produit plus forcément où c'est le moins cher, mais où c'est plus sûr ou plus proche.

Animateur : Une reconfiguration complète de la carte au fond. Et si la carte est redessinée, ça veut dire qu'il y a des gagnants et des perdants.

Animatrice : Inévitablement.

Animateur : Si les États-Unis créent des vides, qui s'empresse de les combler ? Le nom qui vient tout de suite en tête évidemment, c'est la Chine.

Animatrice : Oui, sans aucun doute. Et le langage utilisé par les experts pour en parler là, c'est très, très révélateur. Christian Deblock, lui, il ne passe pas par quatre chemins.

Animateur : OK.

Animatrice : Il dit que la Chine, ce n'est plus un partenaire, ni même juste un concurrent. Le mot qu'il emploie c'est "prédateur".

Animateur : Prédateur. C'est... c'est un mot qu'on n'entend pas souvent en économie.

Animatrice : Ça en dit long sur le changement de perception.

Animateur : Un prédateur, ça implique une stratégie de domination, pas juste de la compétition. C'est une vision beaucoup plus sombre.

Animatrice : Absolument. Et pour Deblock, c'est clair net : la Chine est la grande gagnante de 2025. Et elle se rend encore en 2026. Il la décrit comme une puissance qui... qui rit dans sa barbe en regardant le désordre en Occident. Pendant qu'on se chicane sur les anciennes règles, la Chine en écrit de nouvelles.

Animateur : C'est exactement ça. Elle utilise son contrôle sur les matériaux critiques, le lithium, le cobalt, tout ça, comme un instrument de chantage. Waouh.

Animatrice : Et Yann Simon, lui, amène un angle un peu différent mais qui arrive pas mal à la même conclusion.

Animateur : D'accord.

Animatrice : Pour lui, la Chine, ce n'est peut-être pas la grande gagnante en termes absolus, mais c'est sans contredit la moins perdante.

Animateur : La moins perdante. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ?

Animatrice : Ben, il explique qu'elle avait la force économique et la volonté politique pour encaisser le choc des tarifs américains. Elle a aussi été super agile.

Animateur : Agile comment ?

Animatrice : Elle a déplacé une partie de sa production vers des pays voisins, comme le Vietnam ou la Malaisie, pour contourner les barrières. Tout ça en renforçant son emprise sur les ressources en Afrique.

Animateur : Donc ce n'est pas juste une réaction de défense. C'est une stratégie d'expansion sur plusieurs fronts en même temps. Elle subit pas, elle pivote.

Animatrice : Exact. Et elle le fait avec une intelligence redoutable sur le plan de l'image. C'est un point important de l'analyse : la Chine se positionne sur la scène internationale comme la gardienne de l'environnement, du droit international.

Animateur : Elle se donne le beau rôle.

Animatrice : Le beau rôle, oui ! Ce qui rend les mesures protectionnistes de l'Occident encore plus difficiles à justifier. Le résultat, c'est que l'Europe et l'Amérique du Nord ne se protègent plus d'un concurrent...

Animateur : Hmm.

Animatrice : ...mais d'une force qu'on perçoit comme dominante.

Animateur : Inévitable. C'est ça. C'est un portrait assez redoutable de l'efficacité chinoise. Mais ça nous ramène aux États-Unis. Comment est-ce qu'ils s'en sortent, eux, dans le désordre qu'ils ont contribué à créer ? L'économie américaine a surpris tout le monde par sa résilience en 2025.

Animatrice : Oui, contre toute attente.

Animateur : Mais pour 2026 là, c'est la question à un million.

Animatrice : Et c'est là que les avis divergent le plus. C'est un signe de grande incertitude. Patrick Leblond, lui, est plutôt dans le camp des prudents. Il pense que les effets négatifs des tarifs, on ne les a pas encore vraiment vus.

Animateur : Ils ont été retardés, mais pas annulés. C'est son idée. Il voit des signaux d'alarme de partout : le chômage qui remonte, une inflation qui reste tenace. Pour lui, l'économie tient surtout grâce à la bourse. Mais cet élan pourrait être très, très fragile. Un château de cartes pourcier [boursier] qui cache les fissures dans les fondations.

Animatrice : Un peu, oui. Mais Christian Deblock, lui, va beaucoup plus loin. Pour lui, le vrai danger, ce n'est pas une récession classique là, un simple ralentissement.

Animateur : Non ? C'est quoi alors ?

Animatrice : Il identifie deux risques qu'il qualifie d'explosifs. Le premier, c'est une folie spéculative à la bourse, surtout dans le secteur de l'intelligence artificielle.

Animateur : Attends une minute, on entend parler de bulle dans l'IA depuis un bon moment déjà. D'après Deblock, qu'est-ce qui rend la situation de 2026 si différente, si dangereuse ? C'est son deuxième point. Et c'est ça qui est crucial, c'est lié au premier : l'énorme dette extérieure des États-Unis. On parle de près de 90% de leur PIB.

Animatrice : OK.

Animateur : Pendant des décennies, tout le monde achetait cette dette. Surtout les pays asiatiques, la Chine, le Japon. Ça maintenait les taux d'intérêt bas, ça finançait le déficit américain.

Animatrice : Et là ça change.

Animateur : Là, ça change. Deblock observe que ces grands acheteurs commencent à se retirer. Discrètement. C'est comme si votre voisin avait toujours payé vos cartes de crédit et que là, soudainement, il arrêtait.

Animatrice : Le réveil serait brutal.

Animateur : Très. Fait que le risque, ce n'est pas juste un ralentissement. Deblock utilise le mot "crash financier". Un crash. On ne parle plus d'une voiture qui manque d'essence là. On parle d'une voiture qui perd ses quatre roues d'un coup sur l'autoroute.

Animatrice : C'est exactement ça la différence. Il lance un avertissement très grave. Il dit, et je cite : "On n'est pas loin d'un crash financier". Et il rappelle que les grands crashs, historiquement, c'est souvent le prélude à des configurations mondiales majeures.

Animateur : Bon. Si les États-Unis marchent sur une corde raide, où est-ce que ça laisse leur plus vieil allié, l'Europe ?

Animatrice : L'article la décrit en fâcheuse posture. C'est juste.

Animateur : C'est peut-être même un euphémisme. Christian Deblock, encore lui, dit que l'Europe est encore plus mal prise que les États-Unis.

Animatrice : Encore plus ?

Animateur : Oui. Et pour lui, le problème n'est pas juste financier, c'est plus profond, presque existentiel. Il dit que l'Europe n'arrive pas à trouver sa place dans ce nouveau monde.

Animatrice : Prise en étau, en quelque sorte.

Animateur : C'est exactement le terme qu'utilise Yann Simon. Il parle d'une Europe qui est fragilisée sur deux fronts. D'abord il y a le choc externe : de voir son partenaire historique, les États-Unis, l'avoir soudainement comme une rivale.

Animatrice : Ça doit être un choc psychologique, en plus d'être stratégique.

Animateur : Absolument. Et puis il y a le choc interne : la montée des partis de droite dans plusieurs pays clés qui remet en question l'Union européenne de l'intérieur.

Animatrice : Mais l'Europe a toujours surpris par sa capacité à rebondir, non ? Est-ce qu'on voit des signes de ça ?

Animateur : Oui, et Simon apporte cette nuance, qui est cruciale. Il souligne que face à ces menaces, l'Europe est aussi capable de se resserrer les coudes. Il donne l'exemple de l'initiative "Re-arm Europe".

Animatrice : C'est-à-dire ?

Animateur : Un projet de défense et de souveraineté industrielle commune. C'est la preuve qu'elle peut encore agir de façon unie. Pour lui, elle reste une interlocutrice fiable. Elle est secouée, c'est sûr, mais elle n'est pas encore chaos [K.O.]. D'accord. Fait que le portrait se dessine : un monde fragmenté, une Chine qui avance ses pions, des États-Unis sur une poudrière financière, une Europe qui cherche un second souffle. Ce qui nous amène, inévitablement, à la question : et nous là ? Le Canada dans tout ça ?

Animatrice : C'est la question.

Animateur : Et là encore, on a deux scénarios assez différents qui nous sont présentés. Patrick Leblond, lui, propose une vision de, disons, de relative stabilité.

Animatrice : Ah oui ?

Animateur : Il pense que le Canada va continuer sur sa lancée. C'est-à-dire une croissance faible, mais sans tomber en récession. Une sorte de surplace là.

Animatrice : Et notre stratégie face aux Américains, ce serait quoi ?

Animateur : Sa lecture, c'est qu'on essaie de négocier pour ne rien négocier. En gros, on joue la montre, on évite les conflits en attendant que leur attention se tourne vers leurs propres élections de mi-mandat.

Animatrice : On essaie de passer sous le radar en espérant que l'orage passe.

Animateur : C'est un peu ça. Et pendant ce temps, on continue d'investir dans nos infrastructures, la diversification, et de plus en plus dans la défense.

Animatrice : OK. Mais cette vision d'un Canada qui peut juste attendre, elle n'est pas partagée par tout le monde j'imagine.

Animateur : Non, et c'est là que l'analyse de Yann Simon est plus... pointue. Pour lui, la question centrale pour nous en 2026, ça va être les tarifs. Et il insiste sur un vrai changement de mentalité à Washington.

Animatrice : Hmm hmm.

Animateur : Le Canada n'est plus vu comme un allié naturel. Le terme qu'il utilise, c'est "rival stratégique".

Animatrice : Rival stratégique. Ça change tout.

Animateur : Ça change toute la dynamique. Il rappelle même que le Premier ministre canadien a dit que la relation ne serait plus jamais la même. Les discussions sur l'ACEUM, l'accord commercial, deviennent donc un test majeur. Ce n'est plus juste une renégociation technique.

Animatrice : C'est le test décisif. Ces discussions, prévues en début d'année, vont nous dire si notre accès au marché américain est encore solide. Simon décrit le Canada comme un équilibriste. On avance sur un fil.

Animateur : Et l'article soulève un autre point, une tension qui n'est pas juste externe, mais aussi interne au Canada.

Animatrice : Oui, et c'est peut-être le point le plus complexe. C'est le dilemme de nos ressources naturelles. Comment on utilise cet avantage dans le nouveau contexte mondial.

Animateur : Y a une tension là.

Animatrice : Une tension croissante, oui, entre nos intérêts nationaux – genre exploiter nos ressources pour la croissance – et nos valeurs, notamment environnementales. L'exemple cité, la démission du ministre de l'Environnement Steven Guilbeault...

Animateur : Présenté comme le symbole de ce conflit ?

Animatrice : Exactement. Le symbole de ce conflit entre le pragmatisme économique et les principes.

Animateur : Donc si on résume le portrait de 2026, c'est un monde en pleine reconfiguration. Les alliances d'hier sont fragilisées, la Chine est en position de force, les États-Unis sur un fil, l'Europe cherche sa voie. Et nous, le Canada, pris au milieu de tout ça, on joue un numéro d'équilibriste. C'est une excellente synthèse. Et ça nous laisse avec une dernière pensée, une question qui découle de tout ça. Les experts décrivent le Canada comme cet équilibriste forcé de naviguer dans ce monde incertain. La question qu'on peut se poser, c'est : est-ce que cet exercice d'équilibre peut durer indéfiniment ? Surtout quand les tensions, comme on vient de le voir, sont pas juste à l'extérieur de nos frontières, mais aussi à l'intérieur, entre nos propres intérêts et nos valeurs. C'est peut-être ça le vrai défi canadien pour 2026.

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