Il faut être aveugle pour ne pas voir que la crise n’existait pas avant qu’on ne l’invente.
Donald Trump n’a pas géré une urgence : il l’a fabriquée. De toutes pièces. Une “urgence nationale” brandie comme une arme pour imposer des droits de douane, contourner le Congrès et intimider la planète entière. Et pendant un temps, ça a marché.
Depuis cinquante ans, les États-Unis importent plus qu’ils n’exportent. Leur niveau de vie a explosé. Leur richesse par habitant aussi. Où est l’urgence ? Où est la catastrophe soudaine qu’on nous vendait ?
En réalité, ce n’était pas une crise économique. C’était une crise d’autorité.
Trump a agi comme un monarque moderne : décréter, menacer, sanctionner, sans rendre de comptes. Jusqu’à ce que la Cour suprême rappelle une chose fondamentale : même un président ne peut pas tout s’approprier. Même lui.
Les contre-pouvoirs existent encore. Les tribunaux. Les marchés. Les alliés qui refusent de plier. Et surtout, une réalité économique qui résiste aux slogans.
Mais la tentation autoritaire, elle, ne disparaît jamais. Elle change de loi, de prétexte, de cible. Aujourd’hui les droits de douane. Demain autre chose.
La question n’est donc pas “que fera Trump maintenant ?”.
La vraie question est : combien de crises faudra-t-il encore inventer avant que la démocratie cesse d’être un décor ?
Parce qu’une démocratie qui survit à coups d’exceptions permanentes finit toujours par ressembler à une monarchie fatiguée.
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