L’administration américaine envisage d’abroger un texte clé adopté en 2009 qui permet depuis plus de quinze ans de réglementer les émissions de gaz à effet de serre. Pour justifier cette décision, plusieurs arguments sont avancés publiquement. Pourtant, lorsqu’on les examine simplement et sans jargon, ils reposent surtout sur des confusions scientifiques et logiques.
Voici, en termes accessibles, pourquoi ces arguments ne tiennent pas.
1. « Les gaz à effet de serre ne sont pas des polluants »
Certains affirment que le CO₂ ne devrait pas être considéré comme un polluant puisqu’il ne rend pas immédiatement malade comme un gaz toxique.
Or, un polluant n’est pas seulement une substance qui agit instantanément. C’est toute substance qui nuit à la santé humaine ou à l’environnement. Le CO₂ réchauffe la planète, ce qui augmente les vagues de chaleur, les feux de forêt, les sécheresses et les inondations — des phénomènes qui provoquent directement des maladies, des pertes agricoles et des décès. L’effet est indirect, mais bien réel.
2. « Le rôle humain n’est pas prouvé »
On entend souvent que le climat a toujours changé et qu’il serait donc impossible d’affirmer que l’activité humaine est responsable du réchauffement actuel.
Oui, le climat a toujours varié, mais jamais aussi rapidement que depuis l’industrialisation. Les mesures montrent clairement que l’augmentation du CO₂ correspond à l’utilisation massive du charbon, du pétrole et du gaz, et la signature chimique du carbone présent dans l’atmosphère correspond précisément à celle des combustibles fossiles. Les modèles climatiques ne reproduisent le réchauffement observé que lorsqu’on inclut les émissions humaines.
3. « Réglementer les émissions américaines ne sert à rien »
Un autre argument consiste à dire que le problème est mondial et qu’une action d’un seul pays ne changerait rien.
C’est oublier que le réchauffement climatique est la somme des émissions de tous les pays. Les États-Unis figurent parmi les plus grands émetteurs historiques et leurs décisions influencent fortement les politiques énergétiques mondiales, les technologies utilisées et les accords internationaux. Dire qu’une action nationale est inutile revient à affirmer qu’aucune action collective ne peut fonctionner.
Conclusion
En résumé, ces arguments reposent moins sur des faits scientifiques que sur une redéfinition politique du problème climatique. Or, le réchauffement de la planète ne dépend pas de la façon dont on choisit de nommer les choses, mais de la quantité réelle de gaz accumulés dans l’atmosphère.

Le 7 octobre 2009 : l’Agence de protection de l’environnement (EPA) constate que les concentrations actuelles et projetées des six principaux gaz à effet de serre bien mélangés dans l’atmosphère menacent la santé publique et le bien-être des générations actuelles et futures. Cette mesure, adoptée en vertu de l’article 202(a) de la loi sur la qualité de l’air, est une condition préalable à la mise en œuvre des normes d’émissions de gaz à effet de serre pour les véhicules et d’autres secteurs.
Le 12 février 2026 : l’EPA abroge cet avis juridique historique qui sous-tendait une vague de politiques fédérales visant à lutter contre le changement climatique. Dans la foulée, l’agence cherchera à supprimer les limites d’émissions des voitures, des centrales électriques et d’autres industries qui sont responsables de la grande majorité des polluants contribuant au réchauffement climatique aux États-Unis.
« C’est une décision capitale », a déclaré Donald Trump lors d’une intervention à la Maison-Blanche, tandis que Lee Zeldin, administrateur de l’EPA, se tenait à ses côtés, tout sourire. « Nous mettons officiellement fin à cette prétendue “déclaration de danger”, une politique désastreuse de l’ère Obama », a-t-il ajouté.
« Les constructeurs automobiles ne seront plus contraints de faire évoluer leurs flottes vers des véhicules électriques », a dit Zeldin de son côté.
De commenter le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom et candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2028 : « Si cette décision irresponsable résiste aux contestations judiciaires, elle entraînera davantage d’incendies de forêt meurtriers, une augmentation des décès liés aux fortes chaleurs, des inondations et des sécheresses aggravées par le changement climatique, et une menace accrue pour les communautés à travers le pays. »
Avant l’annonce de Trump et de Zeldin, le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum a ramené sur le tapis un argument erroné qu’on croyait appartenir au passé. « Le CO2 n’a jamais été un polluant », a-t-il déclaré sur Fox Business en faisant allusion au principal gaz à effet de serre. « Lorsque nous respirons, nous émettons du CO2. Les plantes ont besoin de CO2 pour survivre et croître. Elles se développent mieux avec une concentration élevée de CO2. »

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