Encore une fois, des vies ont été fauchées.
Encore une fois, des familles brisées.
Encore une fois, une célébration transformée en deuil.
Sur une plage d’Australie, lors d’une fête de Hanoukka, des civils ont été pris pour cibles. Des femmes, des hommes, un enfant. Rien à gagner. Rien à justifier. Rien à comprendre, sinon l’absurdité crue du chaos qui se répète.
Nous avons vu.
Nous voyons encore.
Et nous ne voulons plus voir.
À quelques jours de Noël, fête de paix pour les uns, de lumière pour les autres, moment de pause pour beaucoup, une question s’impose à nous, sans détour : jusqu’à quand accepterons-nous de détourner le regard ?
Le chaos n’est pas une fatalité
Le chaos n’est pas une malédiction divine.
Il n’est pas non plus le produit inévitable de la diversité humaine.
Le chaos est fabriqué.
Il est entretenu.
Il est souvent rentable.
Il naît quand la haine est encouragée plutôt que contenue.
Quand le mensonge circule plus vite que la vérité.
Quand l’impunité traverse les frontières.
Quand la peur devient un outil politique.
Quand l’économie récompense la destruction plus que la responsabilité.
Et trop souvent, pour éviter de regarder ces mécanismes en face, nous cherchons des boucs émissaires :des juifs, des migrants, des minorités, des journalistes, des scientifiques, des “élites”, des croyants, des non-croyants.
Cette logique est une fuite.
Elle ne guérit rien.
Elle aggrave tout.
Nommer le vrai problème
Le problème n’est pas un peuple.
Le problème n’est pas une religion.
Le problème n’est pas une identité.
Le problème, ce sont les systèmes qui produisent durablement la violence, la haine et la déshumanisation, tout en échappant à toute responsabilité réelle.
Des systèmes économiques qui tolèrent l’exploitation.
Des systèmes médiatiques qui monétisent la colère.
Des systèmes politiques qui prospèrent sur la division.
Des systèmes numériques qui amplifient les pulsions les plus sombres.
Des systèmes juridiques incapables de suivre la mondialisation des abus.
Ce sont ces sources de chaos qu’il faut enfin regarder en face.
Notre responsabilité collective
Il est temps d’arrêter de jouer à l’autruche.
Nous avons su, par le passé, déclarer certaines pratiques inacceptables :
l’esclavage, le travail des enfants, certaines armes, certaines pollutions.
Nous pouvons et devons faire la même chose aujourd’hui avec les mécanismes producteurs de chaos.
Non par la violence.
Non par la vengeance.
Mais par le droit, la coopération internationale, la transparence et le courage politique.
Identifier.
Nommer.
Rendre responsables.
Sanctionner légalement.
Exclure de nos systèmes ce qui détruit le vivre-ensemble.
La paix ne naîtra pas de la haine mieux ciblée.
Elle naîtra quand le chaos cessera d’être toléré.
Un choix de civilisation
Noël, Hanoukka, ou simplement la fin d’une année difficile, nous rappellent tous une même chose :nous partageons une fragilité commune.
Chaque attentat contre des civils est une attaque contre notre humanité partagée.
Chaque silence complaisant est une forme de renoncement.
Assez, c’est assez.
Nous avons vu.
Nous voyons.
Et nous refusons désormais de continuer ainsi.
Non pas par naïveté.
Non pas par colère.
Mais par responsabilité.
Pour conclure
Que ces jours de fin d’année ne soient pas seulement un refuge temporaire contre le bruit du monde,
mais un moment de décision intérieure.
Décider que le chaos n’est plus acceptable.
Décider que l’impunité n’est plus une option.
Décider que la dignité humaine n’est pas négociable.
Rendre le chaos illégal.
Voilà le véritable acte de paix.
Et peut-être, alors, pourrons-nous espérer un monde un peu plus digne de nos enfants.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire